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Agriculture - L’État, la Région Hauts-de-France et la chambre régionale d’agriculture soutiennent les groupes locaux d’agriculteurs engagés dans l’agro-écologie

Mise à jour : 30 août 2017

Vendredi 25 août 2017, Luc Maurer, directeur régional de l’alimentation, l’agriculture et la forêt, Marie-Sophie Lesne, vice-présidente de la Région Hauts-de-France en charge de l’agriculture et de l’agroalimentaire et Christophe Buisset, président de la chambre régionale d’agriculture ont visité l’exploitation de Sébastien Lemoine, producteur légumier à Gouzeaucourt et membre de la Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole (CUMACoopérative d'utilisation de matériel agricole) de Villers-Plouich. L’agence de l’eau Artois-Picardie, déjà très impliquée dans le soutien à l’agro-écologie, était également présente.

Ce déplacement avait pour but de mettre en avant le travail remarquable et innovant fait ces dernières années par un collectif d’agriculteurs du Cambrésis issus de la CUMA de Villers-Plouich. Ces agriculteurs ont cherché à assurer la transition vers l’agriculture biologique de leur système d’exploitation tout en diversifiant leur assolement et leurs modes de production en réponse à plusieurs enjeux forts : la fin des quotas betteraviers et les possibles baisses de rentabilité de cette culture, des débouchés porteurs pour les légumes de plein champ bio et une volonté d’avancer collectivement autour d’un projet adapté au contexte économique, favorable à l’emploi sur le territoire et aux effets positifs sur l’environnement.

« Les années à venir sont cruciales pour positionner la production française et locale » indique Marie-Sophie Lesne.

Ces producteurs se sont regroupés en GIEE (Groupement d’intérêt économique et environnemental), une forme de groupe local d’agriculteurs.

L’État et la Région accordent une attention toute particulière à ce type de dynamique vertueuse et souhaitent les soutenir, en apportant notamment une aide aux équipes techniques qui accompagnent les projets (réflexion nécessaire en amont du projet, accompagnement/coaching tout au long du projet, diffusion des réussites…).

Le GIEE, composé initialement de 5 producteurs, a su bien s’entourer et s’est appuyé dans sa démarche sur plusieurs techniciens complémentaires : 3 animateurs de la fédération régionale des CUMA, un animateur du groupement des agriculteurs biologiques du Nord - Pas-de-Calais (GABNOR), un coach d’entreprises et un technicien-conseil en agriculture biologique, originaire de Belgique. Le projet, né en 2013, s’est rapidement développé et étoffé et a connu un succès qui ne se dément pas et fait des émules.

Véronique Cany, membre du groupe d’agriculteurs témoigne : « La grande chance qu’on a eue, c’est le financement de la matière grise ».

Optimiser les moyens de production

Suite à une forte concertation, un plan d’investissement sur 3 ans a été mis en place et a permis, sur la base d’une montée en puissance progressive, de convaincre les banques. La diversification dans les légumes de plein champ bio (carottes, oignons, pommes de terre) a demandé un matériel spécifique et onéreux pour le semis, l’arrachage et le désherbage. Ces achats ont été réfléchis dans une logique collective et programmés au mieux. Ils servent aujourd’hui aux autres membres de la CUMA et en inter-CUMA.

Un groupement d’employeurs est également né de la démarche pour faire face aux besoins de main d’œuvre permanente et saisonnière (plus de 50 personnes au plus fort de la saison). Ce groupement s’est ouvert à d’autres agriculteurs en dehors du projet. Cette démarche remarquable est saluée par les élus locaux comme contribuant au retour à l’emploi.

Partager les risques et les bénéfices

Une Société d’Economie en Partage (SEP) a également été créée pour partager le risque plus important pris sur des cultures en agriculture biologique. Les assolements se font donc en commun et la valorisation à l’hectare est la même pour tous.

Initialement tourné vers des filières longues, le groupe a souhaité s’inscrire également dans une démarche de circuit de proximité ouvert sur le territoire via un site internet de vente directe. Afin de faire croître la valeur ajoutée des productions, le groupe a créé récemment une autre CUMA en partenariat avec la coopérative NORABIO afin de pouvoir conditionner les légumes avant la vente. Cette CUMA se nomme CUMA Bio territoires.

Une structuration réussie et gagnante que veulent multiplier l’État et la Région

Les moyens obtenus dans le cadre du GIEE ont permis d’atteindre et même de dépasser largement les objectifs du projet initial qui visait à structurer un groupe d’agriculteurs visant leur conversion totale en agriculture biologique. Le groupe s’est étoffé puisqu’il compte maintenant une quinzaine d’agriculteurs et un groupe voisin s’intéresse aujourd’hui de très près à cette démarche exemplaire.

Cette visite a confirmé la conviction de Marie-Sophie Lesne et de Luc Maurer sur la nécessité d’accompagner les groupes locaux d’agriculteurs tels que les GIEE, les GEDA (Groupements d’Étude et de Développement agricole), les CUMACoopérative d'utilisation de matériel agricole… et de renforcer les aides qui leur sont destinées. L’aide apportée pour financer un technicien-conseil auprès des producteurs génère en retour une augmentation très nette de la valeur ajoutée produite sur chaque exploitation. L’effet levier d’une telle aide est remarquable.

Selon Luc Maurer : « les ingrédients du succès sont le mode projet, avec un collectif, local, ouvert largement sur tout un ensemble de partenaires ».

Christophe Buisset va dans le même sens : « le développement économique territorial, c’est ce qui donne du sens à notre métier ».

La volonté politique a donc été confirmée, conjointement par l’État et la Région, en lien étroit avec la chambre régionale d’agriculture, de construire un programme conjoint de soutien aux groupes locaux d’agriculteurs engagés dans l’agro-écologie. C’est d’ailleurs l’une des priorités de la stratégie régionale pour l’agriculture qui sera proposée aux votes des élus régionaux fin septembre. Cela viendra consolider l’aide déjà apportée par l’État aux GIEE.

L’agence de l’eau Artois-Picardie est également prête à soutenir ce type de démarche de groupements vertueux.

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