Entrepreneuriat des femmes

Mise à jour : 19 novembre 2015

Les femmes représentent aujourd’hui autour de 30% des créateurs d’entreprise. Pourtant le taux d’activité des femmes de 15 à 64 ans en Normandie comme en France a été multiplié par 2 depuis 40 ans.

Mais cette évolution masque la faible progression du nombre d’emplois créés dans le cadre de la création/reprise d’activité, alors même que les projets portés par des femmes connaissent le même taux de réussite et de pérennité que ceux des hommes.

Ceci conduit à penser que la culture « entrepreneuriale » qui traditionnellement échoit aux hommes, marque toujours les mentalités à la fois des femmes (autocensure) et des acteurs de l’accompagnement de projets (prescripteurs d’orientation professionnelle, financeurs…).

Pourtant, les femmes qui créent sont plus diplômées que les hommes (65 % sont au moins bachelières contre 50 % des hommes). Elles créent plus souvent seules que les hommes. Leur première motivation est la volonté d’indépendance et d’autonomie, elles sont moins souvent issues d’un milieu entrepreneurial, en conséquence elles reçoivent moins de conseils de leur environnement familial.

Les créatrices ont un investissement de départ plus modeste, créent des entreprises de taille plus petite et connaissent un développement de leur chiffre d’affaire plus modeste.

Les secteurs d’activité où sont créées les entreprises par les femmes sont majoritairement ceux du tertiaire (71 % répartis ainsi : 24% dans le commerce, transport, hébergement et restauration, 25% dans les services aux entreprises, 22% dans le service aux ménages).

On peut noter que les secteurs investis par les femmes créatrices sont les mêmes que pour l’emploi salarié (87,8% secteur tertiaire). (Source lettre INSEEInstitut national de la statistique et des études économiques première N° 1334)

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Plusieurs études font état des difficultés rencontrées par les femmes pour mener à bien un projet de création/reprise d’entreprise. La première difficulté qui explique les nombreux obstacles auxquels les femmes vont se heurter, est celle des mentalités qui traditionnellement attribuent le rôle de créateur d’entreprise aux hommes.

Les stéréotypes sont forts : plus difficile pour les femmes de concilier les temps de vie, un « tempérament féminin » moins adapté à l’entrepreneuriat… Or s’il est indéniable qu’il faut beaucoup d’énergie pour créer une entreprise et la manager, la réussite ne tient pas au sexe de la personne mais à sa motivation.

Les obstacles rencontrés spécifiquement par les femmes sont nombreux :

  • La difficulté d’accès au crédit, aux marchés et la relation avec le banquier ==> en 2001 une étude du CNIDFF montre que le taux de refus des dossiers par les banques était de 30% supérieur pour les femmes. Ces refus s’expliquent entre autre par les difficultés supposées liées à l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle et familiale de la créatrice.
  • L’insuffisance de qualification professionnelle spécifique pour la création d’entreprise (peu formées à la prise de risque financière et économique).
  • Le manque de crédibilité que renvoient les milieux professionnels masculins.
  • L’autocensure exercée par les femmes sur elles mêmes.

En conséquence, les femmes ont besoin d’être plus accompagnées tout au long du processus de création (depuis l’idée de créer jusqu’au financement) puis confortées dans leur gestion jusqu’à trois ans d’activité.

Le FGIF : seul dispositif spécifique pour le financement de projets portés par les femmes / 82% des entreprises aidées par le FGIF passent le cap des 3 ans.

Pour répondre à ces constats des dispositifs existent avec pour l’Etat, la création en 1989 d’un Fonds de Garantie, pour la création, la reprise et le développement d’entreprises à l’initiative des femmes, le FGIF.

Il est piloté par le Service des Droits des Femmes et de l’Égalité, Ministère des Affaires Sociales, de la Santé et des Droits des Femmes - Direction générale de la cohésion sociale.
Au plan national, le FGIF est géré par France Active Garantie et au niveau local il est mis en œuvre par les associations qui les représentent, les subdélégataires. La DRDFEDirection Régionale aux Droits des Femmes et à l'Égalité au plan local est membre du comité d’engagement qui instruit les dossiers de demande du FGIF, déposés par les femmes.

Le FGIF c'est :

- 70% du montant du prêt garanti, dans la limite de 45 000 €- pour toutes les femmes qui créent, reprennent ou développent leur entreprise (de moins de 5 ans d'activité)
- pour des prêts de 2 à 7 ans

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La Normandie : terreau de la promotion de l'entrepreneuriat féminin

Plusieurs concours et manifestations sont mis en œuvre en région pour mobiliser les professionnels de l'accompagnement à la création d'entreprise pour les femmes.